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Les vies sont achevées, les familles sont, semble-t-il, éteintes. Il est des histoires sans mémoire.
Ces lettres pourraient constituer un roman, un roman épistolaire, genre si prisé au 18ème siècle, l’histoire de deux êtres que les événements, les hasards de la vie, comme l’on dit, éloignent. Ils se rapprochent l’un de l’autre par l’écriture. Une écriture incantatoire faite de petites expressions rituelles, quasiment magiques : « ton mari qui t'aime », « reçois ma très chère Zizette… », « à te lire », « pas grand nouveau ». Elles parviennent à donner à leur union une apparence de réalité. Leur enfant naîtra, dès lors, après guerre, après cette longue séparation. La souffrance d’un mariage stérile transparaît sous les mots tendres et les « adoptions » hâtives de cousins, de voisins -le petit René- ou du conjoint lui-même miniaturisé pour l’occasion, « petite Zizette », « petit Edouard ».
Une histoire simple, une histoire forte, fortement évocatrice de tant d’histoires d’amours interrompues parfois faute de se dire.
Pour autant Zizette et Edouard se sont-ils tout dit ? Evidemment pas. De multiples censures s’enchevêtrent dans cet échange de lettres, censure militaire, autocensure, pudeur…
Le roman épistolaire permet justement, à l’auteur de ne pas tout dire, les lacunes sont à combler par chacun d’entre nous, vous et moi. Vous et moi qui allons de ce pas, ce blog fermé, faire retomber Edouard et sa Louise dans l’oubli.
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Quelle suite?? lecture, pièce de théâtre...
À bientôt peut être
Moqueplet